enseignement

En octobre 1994, François Duconseille fonde avec Jean-Christophe Lanquetin l’atelier de scénographie de la HEAR à Strasbourg, ils y mènent ensemble depuis 2010 le programme de recherche Play>Urban . // In october 1994, François Duconseille funded with Jean-Christophe Lanquetin the scenography department of the HEAR art school of Strasbourg, and they hold there together the research program in art Play>Urban 

HEAR-Scenographie-plaquette de présentation


Atelier de scénographie de la HEAR

François Duconseille, Alexandre Früh, Jean-Christophe Lanquetin, Thomas Voltzenlogel, Pierre-André Weitz et Grégoire Zabé.

La vocation de l’enseignement de la scénographie est d’interroger la manière dont les questions d’espace de (re)présentation – entre présentation et représentation – traversent les différents champs de la création contemporaine. La fiction, la place du spectateur, le point de vue de celui qui regarde/perçoit, sont constitutifs du projet pédagogique. Les enseignements se structurent autour de 3 axes : Espaces scéniques, Espaces publics et Muséographie. En années 2 et 3 les étudiants abordent ces différentes pratiques pour choisir ensuite un champ plus spécifique pour leur diplôme.

Si le théâtre reste l’axe structurant des enseignements, nos questionnements sortent souvent des espaces scéniques conventionnels pour interroger et pratiquer ce qui dans les espaces publics, urbains, virtuels, mais aussi dans l’art contemporain ou la muséographie constitue un champ actif de théâtralité que nous appelons le « scénographique ». Car à y regarder d’un peu plus près, il y a du scénographique à peu près partout, dans la vie, dans la ville, dans les pratiques artistiques de toutes sortes… Ce n’est pas un dévoiement de ce que certains considèrent comme étant le métier de scénographe, c’est la réalité des pratiques des gens (pas seulement des artistes), qui mixent les enjeux, se jouent des points de vue, des espaces imaginaires, de l’esthétique, dans les contextes les plus divers, donnant en cela une dimension de théâtralité à la vie. C’est aussi la réalité d’un enseignement de la scénographie dans une école d’art. Si le monde est une scène, à présent multipolaire, il revient au scénographe de questionner les points de vue et la façon dont les choses sont perçues différemment à partir de positions territoriales, culturelles… Confronter les étudiants à ces problématiques est un enjeu pédagogique et une nécessité professionnelle, en ce sens le programme de « creative research » Play > Urban, construit avec des écoles partenaires de par le monde (Wits School of Art, Johannesburg – La Cambre, Bruxelles – University Namséoul – Chung-Ang, Séoul, etc.) en est une concrétisation. Au-delà du projet de l’atelier, de ses axes pédagogiques structurants, nous souhaitons que puissent s’y développer des points de vue singuliers, voire atypiques. Le diplôme est alors une occasion rare, espace-temps privilégié dont les étudiants s’emparent pour développer sur 2 années des projets sortant souvent des codes et schémas de (re)présentation préétablis et expérimentant assez librement des questions d’espace et de fiction. Celle-ci reste particulièrement présente comme une nécessité et un plaisir à ce stade du parcours des étudiants, ce qui ne présume en rien de leurs pratiques professionnelles futures, souvent très diverses.

Espaces scéniques

Enseignements dédiés aux questions liées à l’espace de la (re)présentation, à ce qui dans les pratiques de l’espace a à voir avec l’extra quotidien, la théâtralité.

Les enseignements en années 2 et 3 sont structurés autour des fondamentaux de la scénographie. Si la scénographie a une histoire, elle se situe dans le champ théâtral. C’est là qu’on en retrouve l’histoire du décor et surtout du lieu théâtral en tant que machine à regarder, relation entre la scène et la salle, pensée et dispositif de la relation entre l’acteur et le spectateur. Un autre aspect est la question de la dramaturgie, en particulier la relation au texte. Un texte de théâtre n’est pas seulement un prétexte, il nécessite un travail de lecture approfondie, d’investigation, une prise de position attentive. Enfin, la scénographie est une pratique contextuelle et collective, qui se déploie dans la relation à un ensemble d’éléments extérieurs, un lieu (ses contraintes et ce qu’il propose), des comédiens, un metteur en scène, un créateur lumière, son…, bref une équipe artistique. Les étudiants se confrontent et expérimentent ces dimensions, via des partenariats avec des Théâtres, des workshops, mais aussi lors de projets collectifs au sein de l’atelier. En années 2 et 3, on aborde ces enjeux par une série d’exercices. On se focalise sur la scène de théâtre, sa relation à la salle. À partir de là, on peut s’emparer de ces bases pour les déplacer et en jouer dans les contextes les plus divers.

Espaces publics

L’atelier cherche à interroger l’espace urbain dans sa dimension scénographique à partir de ce que l’on pourrait appeler la surface : à partir des pratiques des gens, flexibles, qui ne correspondent pas toujours aux critères de citoyenneté, aux manières « consistantes » d’aborder la ville, aux classifications d’une grande part des travaux d’urbanistes. C’est une autre pensée de la ville, à partir de l’éphémère, du performatif, du ‘proto-chorégraphique’. Travailler à partir de la surface veut dire travailler à partir de ce que l’on voit, de ce qui se passe, de traces volatiles, de couches plus complexes, presque invisibles, qui échappent – observer, intervenir, créer à partir de cela.

C’est autour de ces questions que s’est construit le programme de recherche Play > Urban. La ville est alors comprise comme un territoire artistique, un espace d’expressions pérennes ou événementielles, la scénographie devient urbaine. En années 2 et 3, on aborde ces enjeux par une série d’exercices. On y analyse le fonctionnement des espaces urbains et la façon d’y inscrire des projets scénographiques.

Muséographie – Expographie

Mettre en scène des objets, des oeuvres, c’est créer un espace fictionnel pour le visiteur spectateur. La scénarisation d’une exposition est la rencontre des oeuvres, du contexte et du récit qu’il est choisi d’en faire. Parcours, cadrage, lumière, espace sonore, relation du spectateur à l’objet perçu, sont les éléments syntaxiques de ce récit que le scénographe cherche à transmettre au plus juste du texte inhérent à chaque objet et acte

présentés. Ces éléments combinés ouvrent un temps spécifique de lectures et de rencontre avec les oeuvres. Ils s’inscrivent dans un espace préexistant (architecture, site) avec lequel le scénographe entretient un dialogue en un temps défini de présentation et en lien au cahier de charges (strate supplémentaire à la recherche historique, scientifique, artistique, etc.) qu’il lui est donné de suivre. Le scénographe d’exposition part des oeuvres, de leur charge émotionnelle et sensible ainsi que de sa perception subjective pour créer leur espace de présentation, réponse dramaturgique d’une pensée à un moment précis de l’histoire. Son action se passe dans le temps court de l’actualité, pour les expositions temporaires, et un peu plus long pour la muséographie qui en est la vision d’une époque. Il s’agit d’interroger les notions de collection, de patrimoine, d’ethnographie, questionner les activités humaines, les moeurs et coutumes et les héritages. Les questions liées à l’histoire culturelle de l’exposition nous intéressent. Et en particulier lorsqu’il s’agit de les traiter dans des espaces et cultures non-occidentaux. Manière de questionner les codes, les conventions, dans la relation aux contextes, aux histoires, aux publics. Mais l’on peut aussi s’interroger sur l’uniformisation des pensées muséales à l’oeuvre actuellement ; le musée comme lieu universel ? Travailler les questions d’exposition dans les lieux destinés, intérieurs, mais aussi aborder la façon dont la ville peut devenir espace d’exposition, comment l’histoire de la cité s’y lit et s’y expose, comment des oeuvres, des actes artistiques s’y inscrivent.

Organisation des études

En parallèle aux cours obligatoires de l’atelier (pratiques et théoriques), les étudiants en année 2 et 3 doivent suivre ces cours partagés avec d’autres options.

Ils peuvent aussi en fonction de leur emploi du temps et sans empiéter sur les cours obligatoires suivre d’autres enseignements de façon optionnelle. En années 2 et 3, les étudiants réalisent des stages techniques de durées variables dans différents théâtres et lieux d’exposition de Strasbourg et sa région, qui permettent la confrontation aux réalités des pratiques scénographiques en contexte professionnel (découverte du plateau et du lieu d’exposition, règles techniques de base, expérimentations à l’échelle 1…)

Les liens tissés avec le monde professionnel sont fondamentaux pour inscrire concrètement les enseignements dans la réalité des pratiques. Ils sont présents durant tout le cursus et se concrétisent par des partenariats actifs avec de nombreux théâtres et lieux d’exposition donnant lieu à des stages et des rencontres avec des artistes invités par ces structures.

Partenaires 

Le Maillon – Strasbourg ; Pôle Sud – Strasbourg ; TJP – Strasbourg ; TAPS – Strasbourg ; Musées de Strasbourg ; FRAC Alsace ; AMUP (ENSAS-INSA) ; la Wits School Of Arts Johannesburg ; Atelier de scénographie de La Cambre (BE); CNAC-Châlons-en-Champagne; ABK Stuttgart; Staatliche Hochschule für Musik und Darstellende Kunst Stuttgart; HKU theatre Utrecht (ND); Chung-Ang University Seoul; Estonian Academy of Arts Tallinn.


Direction et co-direction d’expériences pédagogiques spécifiques de l’atelier :

« Objets activés » : projet porté par des ateliers de l’Option objet, l’atelier de scénographie et de cinéma d’animation de la HEAR en lien avec l’Université de Namseoul en Corée dans le cadre de la Saison France-Corée de l’Institut Français. Réalisation janvier et septembre 2016

« 1914, la mort des poètes » : atelier de recherche entre graphisme et scénographie dans le cadre du programme de recherche Ligne de front de l’atelier de communication graphique de la HEAR, 2013-2015

« Play>Urban » : Un programme de recherche de l’atelier de scénographie (Espaces publics & Espaces scéniques) porté par François Duconseille & Jean-Christophe Lanquetin avec Eléonore Hellio & Francisco Ruiz de Infante de l’atelier Art hors format de l’Option Art de l’ESADS et Grégoire Zabé (plateforme 3D) ce projet est mené en partenariat avec le département Arts Visuels (Natasha Christopher et Zen Marie) de la Wits School of Arts de Johannesburg. Résidence de 4 semaines en septembre 2012 avec 10 étudiants de l’ESAD + résidence retour en 2013 avec les sud africain à Strasbourg + colloque avec le Maillon sur théâtralité et ville 

www.play-urban.org

« Je ne savais pas que tu existais » : Atelier de recherche et d’exploration urbaines mené avec Gabi Farage du Bruit du Frigo en 2009 et 2010

Exposition « 00243 Benda bilili » : Présentation du partenariat entre l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa et l’ESAD, suivi de projet conçu par les étudiants de scénographie. La Chaufferie (Strasbourg) avril-mai 2008

Exposition à la Shauenbuhne de Berlin : Présentation des projets d’étudiants de l’ESAD sur Maria Stuart de Schiller (Berlin) mars 2006

Colloque « Mais, où vont les spectateurs ?  » : Dispositifs conçus et réalisés par les étudiants de l’atelier de scénographie, Théâtre Le Maillon / ESAD (Strasbourg) novembre 2004 > Edition d’un cahier spécial de la revue Mouvement de janvier-février 2005

Atelier de Recherche et de Création « Banlieues d’ici, banlieues d’ailleurs » : Installations d’étudiants de scénographie présentées à Douala pendant la résidence des Scénographies Urbaines (Douala), octobre 2001 à décembre 2002 (Partenariat ESAD– Association ScU2)

Réalisation de 3 films de Philippe Jacq : Décors, costumes, lumière et logistique pris en charge par les étudiants de l’atelier de scénographie / « Ophélie & Marat » mai 01 > expo FRAC Pays de Loire, sept 02 > projection Cinémathèque Française, oct 04 / « Les vierges à l’enfant » nov 01 > expo Faux Mouvement, 03 > projection Cinémathèque Française, oct 04 / « Hopper » mai 04

Atelier de Recherche et de Création « ESP » : Spectacle performance multimédia présenté au Festival des nuits savoureuses de Belfort, production CICV-ESAD, initié par Eléonore Hellio, responsable de l’atelier numérique (Belfort) décembre 2000

Atelier de Recherche et de Création « Accueil public » : Installations dans les espaces d’accueil du public du Théâtre National de Strasbourg, avec 12 étudiants de toutes options (Strasbourg) avril 2000

« Signes de la collaboration et de la résistance » , Aubette (Strasbourg) février-mars 2000, aménagement de l’ensemble bu bâtiment de l’Aubette (800 m²), présentation de 500 documents écrits et audiovisuels, dont 50 affiches de la Bibliothèque Nationale de France

Workshops : Studiengang Figurentheater HMDK (Stuttgart), novembre 2016 / UnARTE (Bucarest), janvier 2012 / Ecole d’Arts Les Rocailles (Biarritz), mars 2010 / Ateliers Ecole Supérieure des Métiers d’Art d’Arras 2008-2009 / Académie des Beaux-Arts de Kinshasa novembre 2005, février 2008 et 2010 / Ecole Nationale d’Arts Visuels Maputo sept 2006 / Classes ouvertes du Collectif (CAP)*,  2003 > 2007 / Ecole du Théâtre National de Strasbourg, 1992 / Atelier de Formation et de Recherches, Comédie de Caen, 1985